Reconnaissance de dette

Mis à jour le · Contrats & attestations

Une reconnaissance de dette est un écrit par lequel une personne, le débiteur, reconnaît devoir une somme d'argent à une autre, le créancier, et s'engage à la rembourser. Entre particuliers, c'est la preuve la plus simple d'un prêt ou d'une avance : sans elle, le créancier devra prouver par écrit toute somme supérieure à 1 500 €.

Pour faire pleinement preuve, le document doit porter la signature du débiteur et la mention du montant en chiffres et en lettres écrite par lui-même (article 1376 du Code civil). Le modèle ci-dessous prévoit un remboursement mensuel ; une variante couvre le remboursement en une seule fois avec intérêts.

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[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal Ville]

[Ville], le [Date]

Objet : Reconnaissance de dette

Je soussigné(e) [Prénom Nom], né(e) le [date de naissance du débiteur] à [lieu de naissance du débiteur], demeurant [Adresse], [Code postal Ville],

reconnais devoir à [Prénom Nom du créancier], né(e) le [date de naissance du créancier] à [lieu de naissance du créancier], demeurant [adresse complète du créancier], la somme de [montant en chiffres] euros ([montant en lettres] euros).

Cette somme m'a été remise le [date de remise des fonds] par [virement bancaire / chèque / remise d'espèces], au titre d'un prêt consenti à titre personnel.

Je m'engage à rembourser cette somme en [nombre de mensualités] mensualités de [montant de la mensualité] euros chacune, payables au plus tard le [jour du mois] de chaque mois par virement sur le compte du créancier, la première échéance intervenant le [date de la première échéance] et la dernière le [date de la dernière échéance]. Je pourrai rembourser par anticipation tout ou partie du solde, sans frais.

Ce prêt est consenti sans intérêts. Toutefois, à défaut de paiement d'une échéance à sa date et quinze jours après une mise en demeure restée sans effet, la totalité du capital restant dû deviendra immédiatement exigible et produira intérêts au taux légal.

Mention manuscrite du débiteur : « Bon pour reconnaissance de dette de la somme de [montant en lettres] euros ([montant en chiffres] €). »

Fait en un exemplaire original remis au créancier, une copie étant conservée par le débiteur.

[Prénom Nom]
Signature du débiteur

Variante : remboursement en une seule fois avec intérêts

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[Prénom Nom]
[Adresse]
[Code postal Ville]

[Ville], le [Date]

Objet : Reconnaissance de dette avec intérêts

Je soussigné(e) [Prénom Nom], né(e) le [date de naissance du débiteur] à [lieu de naissance du débiteur], demeurant [Adresse], [Code postal Ville], reconnais devoir à [Prénom Nom du créancier], demeurant [adresse complète du créancier], la somme de [montant en chiffres] euros ([montant en lettres] euros), qu'il/elle m'a prêtée le [date de remise des fonds] par [virement bancaire / chèque].

Je m'engage à rembourser cette somme en une seule fois, au plus tard le [date limite de remboursement], majorée d'intérêts calculés au taux annuel fixe de [taux d'intérêt] %, soit un montant total de [montant total à rembourser] euros.

En cas de retard, les sommes dues produiront intérêts au taux légal à compter de la mise en demeure, sans préjudice des intérêts conventionnels.

Mention manuscrite du débiteur : « Bon pour reconnaissance de dette de la somme de [montant en lettres] euros ([montant en chiffres] €) en capital, outre intérêts au taux de [taux d'intérêt] % l'an. »

[Prénom Nom]
Signature du débiteur

Quelles mentions pour qu'une reconnaissance de dette soit valable ?

La reconnaissance de dette est un engagement unilatéral : seul le débiteur s'oblige. Le Code civil n'impose aucun formalisme de validité, mais fixe les conditions pour qu'elle fasse preuve devant un juge.

  • L'identité complète des deux parties (nom, prénom, date et lieu de naissance, adresse).
  • Le montant en chiffres et en lettres, écrit par le débiteur lui-même. En cas de différence entre les deux, c'est le montant en lettres qui fait foi.
  • La date et les modalités de remboursement (échéances ou date limite).
  • Le taux d'intérêt s'il y en a un : un prêt n'en produit que si le taux est stipulé par écrit.
  • La date et la signature du débiteur.

Le reste du document peut être tapé à l'ordinateur. Si la mention manuscrite manque ou est incomplète, l'acte ne disparaît pas : il vaut commencement de preuve par écrit, que le créancier devra compléter par d'autres éléments (relevés de virement, messages, témoignages).

Combien d'exemplaires et qui les garde ?

Un seul original suffit, puisque seul le débiteur s'engage : il est remis au créancier, qui en aura besoin pour réclamer son dû. Le débiteur peut garder une photocopie. La règle des originaux multiples (un par partie) ne vaut que pour les contrats où chacun a des obligations, comme un contrat de prêt entre particuliers rédigé avec des engagements du prêteur.

Une fois la dette soldée, le créancier rend l'original au débiteur ou lui remet une quittance de remboursement. La restitution volontaire de l'original fait présumer la libération du débiteur.

Faut-il déclarer une reconnaissance de dette aux impôts ?

Si la reconnaissance constate un prêt dont le montant dépasse 5 000 € (ou plusieurs prêts consentis la même année par la même personne dont le total dépasse ce seuil), le prêt doit être déclaré à l'administration fiscale au moyen du formulaire n° 2062, joint à la déclaration de revenus. Si le prêt produit des intérêts, le prêteur les déclare dans ses revenus de capitaux mobiliers.

Un prêt jamais remboursé, sans échéance réaliste ou consenti à un proche qui n'a pas les moyens de rembourser peut être requalifié par l'administration en donation déguisée, taxable aux droits de mutation. Des remboursements réguliers, tracés par virement, sont la meilleure protection.

Il est aussi possible de faire enregistrer l'acte au service des impôts pour lui donner une date certaine opposable aux tiers, moyennant un droit fixe. Cette formalité reste facultative.

Que faire si le débiteur ne rembourse pas ?

  1. Relancer le débiteur par écrit en rappelant l'échéance impayée.
  2. Lui adresser une mise en demeure de rembourser par lettre recommandée avec accusé de réception : elle fait courir les intérêts de retard et, avec la clause prévue au modèle, rend exigible tout le solde.
  3. Proposer une solution amiable : conciliateur de justice (gratuit), ou nouvel échéancier de remboursement signé.
  4. Saisir le tribunal judiciaire par une requête en injonction de payer, en joignant l'original de la reconnaissance de dette.

L'action en paiement se prescrit en principe par 5 ans à compter de chaque échéance impayée. Tout paiement partiel ou nouvel écrit du débiteur reconnaissant sa dette interrompt ce délai et en fait courir un nouveau. Seul un acte notarié constitue directement un titre exécutoire permettant une saisie sans passer par le juge.

Les erreurs qui fragilisent une reconnaissance de dette

  • Écrire le montant seulement en chiffres, ou le faire écrire par le créancier.
  • Remettre les fonds en espèces sans aucune trace : le débiteur pourra soutenir n'avoir jamais rien reçu.
  • Faire signer le conjoint ou un parent du débiteur « pour la forme » : il n'est pas engagé s'il n'a pas signé un véritable acte de cautionnement.
  • Antidater le document ou laisser la date en blanc.

Questions fréquentes

Une reconnaissance de dette doit-elle être entièrement manuscrite ?

Non. Seule la mention du montant en chiffres et en lettres doit être écrite par le débiteur lui-même, avec sa signature. Le corps du texte peut être imprimé. En signature électronique, la mention peut être saisie par le débiteur s'il est garanti qu'elle émane bien de lui.

Faut-il passer chez un notaire ?

Ce n'est pas obligatoire. L'acte sous signature privée est valable et fait preuve. Le notaire apporte deux avantages : la date et le contenu sont incontestables, et l'acte est exécutoire, ce qui permet de faire saisir le débiteur par un commissaire de justice sans procès. Pour une somme importante, ce coût peut se justifier.

Peut-on faire une reconnaissance de dette entre époux ou concubins ?

Oui, elle est valable entre époux, partenaires de PACS ou concubins. Elle est particulièrement utile quand l'un finance un bien ou des dépenses de l'autre : en cas de séparation, elle évite de devoir prouver qu'il s'agissait d'un prêt et non d'une participation aux charges du ménage ou d'un cadeau.

Le débiteur peut-il contester sa signature ?

Il peut désavouer son écriture ou sa signature. Le juge procède alors à une vérification d'écriture, en comparant avec d'autres documents signés. Joindre une copie de la pièce d'identité du débiteur au moment de la signature limite ce risque.

Textes de référence

  • Code civil, article 1376 (mention de la somme en chiffres et en lettres)
  • Code civil, article 1359 et décret n° 80-533 du 15 juillet 1980 (preuve par écrit au-delà de 1 500 €)
  • Code civil, article 1907 (taux d'intérêt fixé par écrit)
  • Code civil, articles 2224 et 2240 (prescription de 5 ans et interruption par reconnaissance)
  • Formulaire n° 2062 de déclaration des contrats de prêt (impots.gouv.fr)