Attestation de témoin en justice
L'attestation de témoin permet de relater par écrit, pour un procès civil, des faits que vous avez vus ou entendus personnellement : un accident, une dispute, des conditions de travail, le comportement d'un parent, l'état d'un logement. Elle est très utilisée devant le juge aux affaires familiales, le conseil de prud'hommes ou le tribunal judiciaire.
Pour être pleinement recevable, elle doit respecter l'article 202 du Code de procédure civile : être écrite, datée et signée de la main de son auteur, comporter des mentions d'identité précises et être accompagnée d'une copie de sa pièce d'identité. Le modèle ci-dessous reprend toutes ces mentions : recopiez-le à la main.
Modèle à personnaliser
Cliquez dans la lettre pour la modifier ou remplissez les champs surlignés. Votre brouillon est enregistré sur cet appareil.
Remplir les champs
[Ville], le [Date]
Objet : Attestation de témoin (article 202 du Code de procédure civile)
Je soussigné(e) [Prénom Nom], né(e) le [date de naissance] à [lieu de naissance], demeurant [Adresse], [Code postal Ville], exerçant la profession de [profession],
déclare [n'avoir aucun lien de parenté ou d'alliance, de subordination, de collaboration ou de communauté d'intérêts avec les parties / être lié(e) aux parties de la manière suivante : précision du lien].
J'atteste avoir personnellement constaté les faits suivants : le [date des faits], vers [heure des faits], à [lieu des faits], [récit précis et chronologique de ce que vous avez vu ou entendu vous-même, sans interprétation ni jugement].
Je sais que la présente attestation est établie en vue de sa production en justice et que je m'expose à des sanctions pénales si je fais une fausse attestation.
Je joins à la présente une copie de ma pièce d'identité comportant ma signature.
[Prénom Nom]
Signature manuscrite
Pièce jointe : copie de ma pièce d'identité (carte d'identité, passeport ou permis de conduire)
Les mentions obligatoires de l'article 202 du Code de procédure civile
- Le récit des faits auxquels l'auteur a assisté ou qu'il a personnellement constatés.
- Les nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse et profession de l'auteur.
- S'il y a lieu, son lien de parenté ou d'alliance avec les parties, ou de subordination, de collaboration ou de communauté d'intérêts avec elles.
- L'indication que l'attestation est établie en vue de sa production en justice et que son auteur sait qu'une fausse attestation l'expose à des sanctions pénales.
- L'écriture, la date et la signature de la main de l'auteur.
- En annexe, un document officiel justifiant son identité et comportant sa signature, en original ou en photocopie.
Ces formalités ne sont pas prescrites à peine de nullité : le juge peut retenir une attestation irrégulière s'il estime qu'elle présente des garanties suffisantes. Mais il peut aussi l'écarter, et la partie adverse ne manquera pas de le demander. Mieux vaut les respecter toutes.
Formulaire cerfa ou attestation libre ?
Il existe un formulaire officiel d'attestation de témoin, le cerfa n° 11527, qui reprend les mentions de l'article 202 avec des cases à remplir. Son utilisation n'est pas obligatoire : une attestation rédigée sur papier libre, entièrement à la main, a la même valeur si elle contient les mêmes mentions.
Le formulaire limite les oublis ; la feuille libre laisse plus de place au récit. Dans les deux cas, le texte doit être manuscrit : une attestation tapée à l'ordinateur et seulement signée est fragile.
Comment rédiger le récit des faits ?
- Ne relatez que ce que vous avez vu ou entendu vous-même, pas ce qu'on vous a raconté.
- Donnez des repères précis : date, heure approximative, lieu, personnes présentes, paroles prononcées entre guillemets.
- Décrivez des faits, pas des opinions : « il a jeté son téléphone contre le mur » plutôt que « il est violent ».
- Suivez l'ordre chronologique et un fait par paragraphe.
- Ne rédigez pas sous la dictée de la partie qui vous sollicite : des attestations identiques de plusieurs témoins perdent tout crédit.
Qui peut témoigner, et quels risques ?
Toute personne peut établir une attestation, y compris un proche d'une partie, à condition de déclarer ce lien : le juge en tiendra compte pour apprécier la force du témoignage. Une exception importante : dans une procédure de divorce, les descendants des époux (enfants, petits-enfants) ne peuvent jamais être entendus sur les griefs invoqués par les époux.
Établir une attestation faisant état de faits matériellement inexacts est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Le témoin peut aussi être convoqué par le juge pour être entendu, et doit alors confirmer ses déclarations sous serment.
Pour certifier un fait qui vous concerne vous-même, et non un litige entre d'autres personnes, une simple attestation sur l'honneur suffit.
Après la rédaction : à qui remettre l'attestation ?
Remettez l'original à la partie qui vous l'a demandée, ou à son avocat : c'est elle qui la communique au juge et à l'adversaire. Gardez une copie. Vous ne pouvez pas retirer une attestation une fois produite, mais vous pouvez rédiger une nouvelle attestation pour préciser ou rectifier un point.
Si vous êtes salarié et témoignez en faveur d'un collègue devant le conseil de prud'hommes, notamment dans une affaire de harcèlement, la loi vous protège contre les sanctions liées à ce témoignage de bonne foi.
Questions fréquentes
Une attestation de témoin tapée à l'ordinateur est-elle valable ?
L'article 202 exige qu'elle soit écrite de la main de son auteur. Une attestation dactylographiée n'est pas automatiquement écartée, mais le juge peut douter de sa sincérité et l'adversaire en contestera la valeur. Recopiez le texte à la main pour éviter ce débat.
Un mineur peut-il faire une attestation de témoin ?
Aucun texte ne l'interdit en principe, mais son témoignage sera apprécié avec prudence par le juge. En matière de divorce, les enfants du couple ne peuvent en aucun cas témoigner sur les griefs des époux, quel que soit leur âge.
L'attestation de témoin est-elle utilisable devant le juge pénal ?
L'article 202 concerne la procédure civile. En matière pénale, la preuve est libre : un écrit peut être transmis, mais les enquêteurs ou le juge entendront généralement le témoin directement, par une audition. Signalez-vous auprès du commissariat, de la gendarmerie ou de l'avocat concerné.
Peut-on refuser de faire une attestation ?
Oui. Personne n'est obligé de rédiger une attestation à la demande d'une partie. En revanche, si le juge vous convoque officiellement comme témoin, vous êtes tenu de comparaître, sauf motif légitime.
Textes de référence
- Code de procédure civile, articles 200 à 203 (attestations)
- Code civil, article 259 (témoignage des descendants dans le divorce)
- Code pénal, article 441-7 (fausse attestation)
- Formulaire cerfa n° 11527 (attestation de témoin)