Lettre de signalement d'un lanceur d'alerte

Mis à jour le · Salariés

Un lanceur d'alerte est une personne qui signale ou divulgue, sans contrepartie financière directe et de bonne foi, des informations sur un crime, un délit, une menace ou un préjudice pour l'intérêt général, ou une violation du droit. Depuis la loi du 21 mars 2022, le salarié peut choisir de signaler en interne ou directement à une autorité externe, et il bénéficie d'une protection renforcée contre les représailles et d'une garantie de confidentialité.

Le modèle ci-dessous est un signalement interne, adressé par le canal prévu par l'entreprise. Faites-vous conseiller en cas de doute sur le caractère signalable des faits.

Modèle à personnaliser

Cliquez dans la lettre pour la modifier ou remplissez les champs surlignés. Votre brouillon est enregistré sur cet appareil.

Remplir les champs

[Prénom Nom]
[Poste et service]
[Téléphone personnel]
[E-mail personnel]

[Nom de l'entreprise]
À l'attention de [personne ou service désigné pour recueillir les signalements]

[Ville], le [Date]

Canal de signalement interne de l'entreprise (plateforme, adresse dédiée) ou pli confidentiel en recommandé avec accusé de réception

Objet : Signalement d'alerte – CONFIDENTIEL

Madame, Monsieur,

Je vous adresse le présent signalement dans le cadre de la procédure de recueil et de traitement des signalements prévue par la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 modifiée.

J'ai eu connaissance, dans le cadre de mes fonctions de [intitulé du poste], des faits suivants : [description factuelle et précise : nature des faits, dates, lieux, personnes ou services concernés, montants éventuels]. Ces faits me paraissent constituer [qualification prudente : une infraction à la réglementation sur domaine / un risque pour la santé ou la sécurité des personnes / un détournement de fonds].

Je joins à ce signalement les éléments suivants, obtenus dans l'exercice normal de mes fonctions : [liste des documents]. Je n'ai reçu aucune contrepartie financière pour ce signalement et j'agis de bonne foi.

Je vous remercie d'accuser réception de ce signalement, de garantir la stricte confidentialité de mon identité et des informations transmises, et de m'informer des mesures envisagées ou prises pour évaluer l'exactitude des faits et, le cas échéant, y remédier.

Je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.

[Prénom Nom]
Signature

Pièces jointes : [documents étayant le signalement]

Quels faits peut-on signaler comme lanceur d'alerte ?

  • Un crime ou un délit (corruption, fraude, mise en danger d'autrui, atteinte à l'environnement).
  • Une menace ou un préjudice pour l'intérêt général (santé publique, sécurité des produits).
  • Une violation ou une tentative de dissimulation d'une violation du droit international ou de l'Union européenne, de la loi ou du règlement.

Sont exclus notamment les faits couverts par le secret de la défense nationale, le secret médical, le secret des délibérations judiciaires, de l'enquête ou de l'instruction, et le secret professionnel de l'avocat. Pour les faits obtenus dans le cadre professionnel, vous n'avez pas besoin d'en avoir eu personnellement connaissance ; en dehors, si.

Signalement interne, externe ou divulgation publique

Le salarié peut adresser un signalement interne via la procédure de l'entreprise : elle est obligatoire dans les entreprises d'au moins 50 salariés. Il peut aussi, au choix, faire directement un signalement externe auprès d'une autorité compétente désignée par décret selon le domaine, du Défenseur des droits (qui oriente vers l'autorité compétente), de l'autorité judiciaire ou d'une institution européenne compétente.

La divulgation publique (médias, réseaux sociaux) n'est protégée que dans des conditions restrictives : absence de mesure appropriée après un signalement externe dans le délai prévu, danger grave et imminent, ou risque de représailles ou d'inefficacité du signalement externe. Ne commencez jamais par là sans conseil.

Délais de traitement et confidentialité

Dans le cadre de la procédure interne, l'auteur du signalement doit recevoir un accusé de réception dans un délai de sept jours ouvrés, puis être informé des mesures envisagées ou prises dans un délai raisonnable n'excédant pas trois mois à compter de l'accusé de réception. Les éléments permettant de vous identifier ne peuvent être divulgués qu'avec votre consentement, sauf à l'autorité judiciaire.

Si l'entreprise n'a pas de procédure, ou si elle ne répond pas, le signalement externe reste possible à tout moment.

Protection contre les représailles

  • Aucune sanction, aucun licenciement, aucune mesure discriminatoire (mutation, rétrogradation, baisse de salaire, refus de promotion) ne peut être prise en raison du signalement.
  • En cas de litige, il revient à l'employeur de prouver que sa décision est justifiée par des éléments objectifs étrangers au signalement.
  • Le lanceur d'alerte n'est pas civilement responsable des dommages causés par son signalement de bonne foi, et bénéficie d'une irresponsabilité pénale pour la soustraction de documents auxquels il a eu accès licitement, lorsque le signalement était nécessaire.
  • Les facilitateurs (collègues, syndicats, associations qui l'aident) bénéficient aussi d'une protection.

Pour un manquement au droit du travail qui ne relève pas de l'alerte, la saisine de l'inspection du travail est plus adaptée ; pour un harcèlement, voyez le signalement de harcèlement moral.

Questions fréquentes

Faut-il obligatoirement signaler en interne d'abord ?

Non, depuis la loi du 21 mars 2022, le salarié peut choisir entre le signalement interne et le signalement externe auprès d'une autorité compétente. Le signalement interne reste souvent recommandé lorsque l'entreprise dispose d'une procédure fiable et que vous ne craignez pas de représailles.

Que risque-t-on si les faits signalés s'avèrent inexacts ?

Si vous avez agi de bonne foi, avec des motifs raisonnables de croire les faits exacts, vous restez protégé même si l'enquête ne les confirme pas. En revanche, une dénonciation que l'on sait fausse peut être sanctionnée, y compris pénalement pour dénonciation calomnieuse.

Qui peut m'aider avant de lancer l'alerte ?

Le Défenseur des droits informe et oriente les lanceurs d'alerte et peut rendre un avis sur leur qualité de lanceur d'alerte. Des associations spécialisées, les syndicats et les avocats peuvent aussi vous accompagner. Préparez un dossier factuel et conservez une copie de tout ce que vous transmettez.

Textes de référence

  • Loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 (dite loi Sapin II), articles 6 et suivants
  • Loi n° 2022-401 du 21 mars 2022 visant à améliorer la protection des lanceurs d'alerte
  • Décret n° 2022-1284 du 3 octobre 2022 relatif aux procédures de recueil et de traitement des signalements